Vous avez été le 2e CEO le plus cité en tant que manager de l'année dans le sondage de Business Montres, quelle valeur y accordez-vous ?
Tout d’abord je dois dire que j’ai été très surpris. Mettre le CEO en avant et personnaliser la marque ne correspond pas à la politique de communication de Jaeger-LeCoultre. Nous préférons diriger les projecteurs vers le travail d’équipe. Ceci dit, je suis heureux que notre leadership en terme d’innovation ait été perçu, cela récompense le travail de toute la manufacture.
Comment se comporte la boutique de Genève, quelles sont les prochaines ouvertures ?
La boutique Jaeger-LeCoultre ouverte il y a deux ans à Genève a dépassé tous nos pronostics et a rejoint le top 5 mondial. Sa croissance s’avère très substantielle et le développement de la clientèle se révèle être vraiment qualitatif : toute la gamme des montres Jaeger-LeCoultre y est vendue, pas uniquement les très grosses pièces. La partie supérieure de la rue du Rhône devient un must horloger. L’ampleur de cette réussite nous amène à réfléchir sur d’autres ouvertures en Suisse. La marque y a énormément progressé depuis 3 ans, en terme de notoriété et en connaissance de la marque pour ses atouts horlogers. Les boutiques permettent aux amateurs de belles montres d’ouvrir les yeux sur le dynamisme de notre manufacture. Au printemps nous ouvrons une nouvelle boutique à Kiev, puis à Istanbul, et d’ici l’hiver prochain nous en aurons ajouté trois en Chine et trois en Asie du Sud-Est.
Depuis le lancement de la Reverso Squadra il y a un an, les ventes s'avèrent elles à la hauteur de vos attentes ?
Oui, et à tous les niveaux. D’une part les ventes sont excellentes, à tel point que nous sommes en rupture de stock sur les principaux marchés et avons du priver quatre pays de cette nouveauté, d’autre part il s’agit d’un succès planétaire. La Squadra a ceci d’intéressant qu’elle ne se comporte pas en produit du nouveau monde ou de l’Europe, elle répond aux attentes de l’ensemble des marchés dès la première mise en place. Elle constitue un vrai pilier d’avenir pour la ligne Reverso, tout comme l’ont été la Duetto ou la Reverso Grande Taille. En terme de valeur son impact à cinq ans va certainement s’assimiler à celui de la Master Tourbillon. Enfin, l’autre aspect très positif de la Squadra a été la visibilité qu’elle a donnée à la ligne Reverso et à la marque auprès des détaillants comme du public.
A quoi doivent s'attendre les visiteurs du SIHH, quelles sont les grandes lignes de 2007 ?
Cette année va mettre l’accent sur les innovations horlogères et l’affirmation de notre différence de Manufacture, ce qui va s’exprimer par le biais de trois grands axes. Tout d’abord, nous poursuivons le développement de la Master Compressor Extreme avec la W-Alarm, comme vont pouvoir le découvrir les lecteurs de GMT. Par ailleurs la ligne Compressor s’étend et nous allons présenter une nouvelle montre sportive à complications avec le développement d’une nouvelle ligne dédiée aux femmes dans cette même gamme. En troisième lieu, nous lançons une nouvelle ligne positionnée dans le haut de gamme, Il s’agit d’une réalisation technique majeure pour laquelle le moindre composant a été entièrement recréé, depuis le mouvement jusqu’à la boîte.
La rénovation du bâtiment historique de Jaeger-LeCoultre est-elle avant tout stratégique ?
C’est une question particulièrement pertinente ! Nous travaillons depuis le mois de mai 2006 sur ce gros projet, qui aboutira en juin 2007. Effectivement cette rénovation pourrait simplement être un tribut à l’histoire, car notre activité au sein du bâtiment historique remonte au XIXe siècle et une telle constance pourrait valoir un musée à elle seule. Pourtant nous y voyons d’autres raisons d’être. En premier lieu, le développement de notre activité de manufacture vers des montres toujours plus techniques crée un lien naturel avec la profondeur de notre culture horlogère, qui s’exprime notamment par nos pièces historiques. Pourquoi cacher le millier de pièces qui dorment dans nos coffres ? Plus de la moitié seront exposées dans le Musée. D’autre part nous disposons de centaines de mètres de boites d’archives, créées au fil des 1200 calibres conçus dans la manufacture, que le musée va nous permettre de valoriser tout en les entretenant plus judicieusement. Enfin nous considérons la naissance du musée comme un jalon pour écrire l’histoire future de Jaeger-LeCoultre.


