« GMT fut l’un des premiers magazines à évoquer le repositionnement de la marque Michel Jordi *, vous êtes donc le premier journaliste que je reçois chez moi pour évoquer la situation deux ans après ce nouveau départ ». L’accueil est d’autant plus convivial que Madame Jordi nous apporte du thé pendant que nous commençons à discuter sur la terrasse de la villa dominant le lac Léman, dans la campagne entre Nyon et Genève. Si Michel Jordi s’est inspiré des beaux chalets de montagne pour concevoir les coffrets en pin et ardoise de ses garde-temps nouvelle génération, ce n’est pas uniquement pour positionner son produit. C’est confortablement installé face au Mont Blanc que l’on réalise sans peine que son goût pour la pierre et les sommets est inné. Il le dit d’ailleurs lui-même : « je passe beaucoup de temps à voyager mais je suis profondément attaché à la Suisse, c’est un pays que j’aime et dans lequel je me sens bien ».

Un tel enracinement aux terres helvètes, partagé entre les rives lémaniques et le plateau jurassien, explique-t-il en partie le nom attribué à son premier modèle, « Héritage » ? Pas seulement, mais comme cette collection renferme des mouvements extrêmement rares provenant de la Vallée de la Joux (notamment dans la série limitée « Les Historiques de la Vallée de Joux »), l’appellation souligne une philosophie d’exception. « en 2005 nous avons vendu 100 pièces, en 2006 nous finirons l’année avec une croissance de 50%, et l’an prochain les ventes devraient tourner autour de 300 pièces » précise Michel Jordi. Aujourd’hui son réseau de distribution repose sur une quarantaine de points de ventes triés sur le volet (Westime aux USA, Carlson à Hong Kong, Les Ambassadeurs en Suisse etc…), qu’il étendra petit à petit sur des nouveaux marchés au fil de l’augmentation de la production, qui devrait se stabiliser à 700 ou 800 pièces d’ici cinq ans.

En terme de produit, la collection Squelette a suivi l’Heritage, rejoints cette année par le Tourbillon Labyrinthe **. « Mes montres à double boîtier s’ouvrent toujours comme des éventails, et ce tourbillon se distingue à deux niveaux : son design est inspiré de la philosophie grecque, et une loupe intégrée à la glace saphir permet de voir le tourbillon deux fois et demi plus grand que sa taille réelle ». Le spectacle vaut en effet le coup d’œil. Les développements futurs prévoient des modèles de grande complication tels que la répétition minute ou le quantième perpétuel, mais aussi des modèles plus abordables (le Tourbillon Labyrinthe en série limitée coûte aujourd’hui CHF 179'000.-). Ces créations se déclinent parfois en mini-séries composées de pièces uniques, serties ou pas. Michel Jordi vient d’embaucher un horloger pour coordonner la production, se dit très content de sa jeune équipe commerciale et marketing, et entend dorénavant investir dans la recherche et le développement.