Ergonomie : les règles du confort

Technique 72-76
Technique-Chatelain

Le fermoir à double lame CHÂTELAIN : la boucle au confort impeccable

La conception de toute montre requiert une démarche d’adéquation au corps humain. Ces règles d’ergonomie touchent tous les aspects de l’horlogerie et déterminent, au final, le succès d’un modèle.

La montre est un objet de design et de technique qui se porte, se vit, se lit, se manipule, de nuit, de jour, en vacances ou au travail. Elle ne peut se passer d’une recherche d’ergonomie, d’adaptation à l’humain, à ses besoins, à ses fonctionnements, à ses proportions et à ses insuffisances. Cette démarche est un déterminant essentiel de son succès.

ATTACHES

Technique-APTechnique-Louis-VuittonLe principal point de contact homme/horlogerie est le bracelet. C’est lui qui occupe la plus grande surface et touche la peau en permanence. Parmi tous les cuirs, il en est un qui a tous les avantages : le Cordovan. Naturellement souple et résistant, il est le seul utilisé par Nomos. Or changer de bracelet est une tendance majeure. Mais les fixations n’ont pas suivi. Hublot, Vacheron Constantin et Louis Vuitton ont donc créé des systèmes d’accroche simples d’usage, qui autorisent des changements d’une simple pression du doigt, sans rien rayer. Le bracelet en métal est encore plus exigeant. Il ne doit ni coincer les poils, ni irriter la peau, suivre la courbe des os et s’articuler finement. Audemars Piguet a atteint la quasi-perfection. La face intérieure du bracelet de la Royal Oak est lisse et douce, son rayon convient à tous les poignets et ses finitions sont un modèle.

VOLUMES

Technique-Richard-MilleLe coeur du sujet est le boîtier. Son harmonie dépend de proportions largement déterminées par les mouvements. Une grande complication de 42 mm de diamètre pour 16 de haut a l’air d’un pavé. A l’inverse, une ultrafine de 5 mm d’épaisseur pour 44 de diamètre ressemblera à une sous-tasse. Au-delà du porter, il faut se poser la question du poser sur le poignet. Richard Mille l’a compris. Ses montres, souvent très épaisses et larges, agrippent le bras grâce à un profil arqué qui les rend parfaitement portables.

FACE AVANT

Technique-TudorTechnique-PiagetPuis vient la lecture. Une grande ouverture de cadran est essentielle. Une énorme lunette et un rehaut important réduisent l’espace lisible, ce qui est dommageable pour un public qui, âge aidant, est largement presbyte. Autres détails nuisant à la lisibilité, des indications trop nombreuses, des typographies trop grasses, des couleurs peu contrastantes, des reflets indésirables, bref, le design horloger a fort à faire pour fournir une information claire. Le must reste un cadran noir mat et des aiguilles blanches de forte taille.

AU CŒUR

Technique-H.MoserUn étage au-dessous, le mouvement a aussi besoin d’une intelligence du corps. Ainsi, la durée de marche est un facteur ergonomique. Au-delà de 72 heures, elle autorise des rotations au sein d’une collection sans devoir remettre à l’heure et à la date. Ces fonctions sont dévolues à la couronne. Mais dans quelle position est-elle ? Où est la date ? Pour éviter ces questions, Richard Mille utilise un sélecteur de fonction et H. Moser & Cie a imaginé la couronne Double Pull Crown. Peu importe la force avec laquelle on tire, la séquence est figée : on atterrit forcément en position heure, puis date.

COURONNE

Technique-Bulgari Technique-BovetLa couronne doit posséder un diamètre en adéquation avec la boîte, mais aussi avec les doigts. Petite ou lisse, on la saisit mal. Trop grosse, elle frotte le poignet. Le mouvement intervient encore : si le ressort de barillet est trop raide, on se fait mal aux doigts. Alors Bulgari a pensé son calibre BVL193 pour un remontage très doux. Une durée de marche longue requiert des dizaines de tours. Bovet a donc imaginé un différentiel sphérique qui accélère et adoucit le remontage de son OttantaSei à dix jours de marche. Le diable est dans les détails… la réussite d’une montre aussi.


PAUL POSITION

cadran-paul

Rédacteur en chef de WorldTempus.com

Pour tester l’ergonomie d’une montre, il faut la mettre au poignet. Une fois que la photo attrayante a attiré votre oeil, c’est à vous de l’essayer. Comment épouse-t-elle votre poignet ? Y a-t-il le moindre bord ou détail anguleux susceptible d’endommager vos habits ou, pire encore, vos os (oui, c’est possible !) ? Pouvez-vous vraiment lire l’heure ? Chez WorldTempus, nous effectuons chaque année des tests au porter d’un certain nombre de montres, dans l’optique de vous aider à faire vos choix de manière éclairée parmi les derniers modèles. Ce dernier aspect, la question de la lisibilité, est selon moi le paramètre le plus important étant donné que la fonction première d’une montre consiste en fin de compte à « donner » l’heure. Si les goûts peuvent varier d’une personne à l’autre, en revanche le confort au porter est important pour tous.

Journaliste expert en horlogerie et correspondant régulier de WorldTempus. com, il alimente notre rubrique Innovation en la mettant à portée de chacun.

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